La Coordination Lycéenne Lyonnaise a été créée pour nous émanciper des syndicats lycéens dont les moyens d'action et la bureaucratie ne nous conviennent pas. Nous avons voulu que le mouvement lycéen s'organise sans représentant-e-s, élu-e-s, hiérarchie, adhésion ou cotisation. Nous sommes partisan-e-s d'une forme de lutte plus concrète que celle des syndicats bureaucrates, amoureux des longues manifestations inutiles. Nous contacter : coord-lyceenne-lyonnaise(at)riseup.net

MANIF NON-DECLAREE,
SLOGANS VINDICATIFS, MATRAQUES ET GAZEUSES
La Coordination Lycéenne Lyonnaise a appelé à la manifestation jeudi 8 janvier, 11h à Terreaux. Suite à un malentendu profs-lycéens, la manifestation n'a pas été déclarée. Cela (et le froid) n'a pas empêché les lycéen-ne-s de se réunir pour manifester librement et exprimer leur colère.
Nous avons pu noter la grande absence des syndicats dans le cortège, preuve de l'agonie et de l'inutilité de ces soi-disant syndicats « représentatifs » que les journalistes semblent considérer, à tort, comme les orchestrateurs du mouvement lycéen.
Arrivé à Bellecour, le cortège contenait de 1500 à 2000 manifestant-e-s. Par réaction contre l'incroyable arsenal policier envoyé par la Préfecture, les lycéen-ne-s ont décidé de marcher où bon leur semblait, sans se conformer aux exigences des policiers présents en masse pour encadrer le cortège. La manifestation a continué ainsi sans heurt jusqu'à la Part-Dieu, où les CRS ont bloqué les manifestant-e-s devant la gare, bouchant toutes les issues possibles. Coups de matraque et gel lacrymogène à volonté, trois arrestations malgré la relative passivité des lycéen-ne-s, quelques blessures dues aux tonfas.
Les lycéen-ne-s parviennent finalement à s'extraire des mailles du filet, et un groupe de 300 personnes continue en manifestation jusqu'à Terreaux, entourés d'une dizaine de membres de la BAC et d'un nombre de CRS disproportionné. Les lycéen-ne-s s'installent sur la route afin de reprendre des forces, bloquant momentanément la circulation.
Les CRS se massent sur les rues donnant côté Rhône (environ deux CRS pour un-e manifestant-e). Ils sont provoqués par des slogans de plus en plus vindicatifs, les lycéen-ne-s étant légèrement énervé-e-s à cause des coups de matraque et des arrestations à Part-Dieu. Après une première sommation, les CRS chargent, les lycéen-ne-s répondent en jetant des bouteilles et des œufs puis s'éparpillent dans les rues adjacentes. Six arrestations violentes au cours desquelles des flash-ball sont tirés et les coups de tonfa distribués sans parcimonie, une jeune lycéenne a le crâne ouvert.
La journée de mobilisation se termine avec un petit rassemblement d'une vingtaine de manifestant-e-s devant le commissariat central, Marius Berlier, où sont enfermé-e-s les inculpé-e-s. La plupart d'entre eux passeront le lendemain en comparution immédiate, certains sont gardé-e-s 24h, des collégiens 48h durant.
Les syndicats FIDL et UNL n'étaient pas présents à cette manifestation et ne se sont pas le moins du monde souciés d'appeler à la journée de mobilisation, d'informer les lycéens ou de se renseigner sur les inculpé-e-s. Seraient-ils à l'agonie ? Toutefois leur absence ne nous a pas dérangée. Depuis le début du mouvement, les lycéen-ne-s s’organisent de manière indépendante des syndicats. La lutte que nous menons cette année n’a pas pour objectif de finir par une négociation dirigée par des syndicats qui ne représentent qu’eux-mêmes.
En dépit du nombre impressionnant de lycéen-ne-s, compte-tenu du froid et de la rentrée, les médias à l'unanimité ont évoqué le « refroidissement » de la mobilisation. Etaient-ils réellement présents, ou ne se donnent-ils même plus la peine de se déplacer avant de rédiger leurs articles ? Car les lycéen-e-s lyonnais-e-s, au contraire, étaient nombreux et motivés, et l'immense arsenal sécuritaire n'a pas suffi à les faire reculer. Les médias continuent de nous discréditer pour diviser les manifestant-e-s entre eux et persuader les braves gens que nous nous contentons de « grogner », mais nous continuerons à nous battre pour l'abrogation pure et simple de TOUTES les réformes de l'Education, contre le sécuritaire, la répression, l'arrestation des sans-papiers. La désinformation ne parviendra pas à nous faire taire.